Pourquoi des glucides si le chien n’en a pas besoin ?

mais bolEn nutrition, il y a diverses catégories de nutriments :

* eau, vitamines, oligo-éléments, et minéraux (on parle parfois de micro-nutriments) : ils ont des rôles fonctionnels, structurels mais pas énergétique
* les fibres (glucides non assimilables, non digérés) : ingrédient du confort digestif, et qui apporte du volume sans apporter de calories ou si peu
* des macro-nutriments. Il faut différencier 2 rôles différents pour les macro-nutriments :

> les trois catégories de macro-nutriments apportent des calories : lipides, protéines et glucides (entendez glucides assimilables, soit amidon et sucres).

chaine AAE> deux de ces catégories ont aussi d’autres rôles : les lipides et les protéines. Il existe un besoin minimal en protéines et en lipides, ou plutôt en acides aminés, unités de la catégorie protéines, et en acides gras essentiels (les oméga 6 et les oméga 3) qui sont respectivement dans la catégorie protéines et lipides. On ne peut s’en passer. Mais au-delà de la quantité minimale nécessaire pour couvrir ces besoins essentiels, fondamentaux, en acides aminés et acides gras essentiels, il y a un apport de protéines, lipides, glucides pour apporter des calories.

Par exemple, le minimum absolu d’apport pour un chien adulte moyen, est de 25 g de protéines et 10 à 14 g de lipides pour 1000 Calories, ces minima correspondent au besoin fonctionnel impérieux minimaliste, il représente 10% des calories sous forme de protéines et 9 à 12% sous forme de lipides*.

Si on ne couvre que ce minimum à la fois en protéines et en lipides, cela signifie que l’on couvre 80% des calories par les glucides… Ce qui est très compliqué car souvent bien au-delà de ce qu’un chien peut digérer ! Il ne faut donc pas voir ces minima comme un objectif : c’est plutôt le minimum en dessous duquel on ne descend jamais soit pour les protéines soit pour les lipides, même en cas de maladie demandant de diminuer autant que possible l’apport de protéines (insuffisance rénale stade terminal) ou de lipides (chylothorax ou dyslipémie congénitale). En général, on n’est pas obligé d’apporter le minimum en protéines et le minimum en lipides pour le même chien, et heureusement !

sources protéines animalesGlobalement pour un chien adulte non stérilisé et actif, le besoin minimal en protéines (pour apporter des acides aminés indispensables mais aussi ceux qui ne le sont pas mais qui sont maintenant connus comme acides aminés fonctionnels) se situe plutôt autour de 60 g de protéines pour 1000 Calories (soit 24% des calories par les protéines). Pour un chien castré et sédentaire, la quantité de protéines est la même mais l’apport calorique doit être réduit de 40%, on est plutôt proche de 60 g de protéines pour 600 Calories (soit 40% des calories par les protéines). Quant aux lipides, comme ils sont très denses en énergie, selon la combinaison appétit x besoin calorique du chien, on est entre 50% et 22% des calories (entre 22% et 10% de lipides / matière sèche).

Quand on somme les besoins minimaux en tous les nutriments nécessaires au chien, on arrive même pas à 50% de la matière sèche de la ration, ce qui montre assez bien que le minimum pour chacun ne doit pas forcément être interprété comme un minimum pour tous à la fois. Il doit être interprété en fonction du chien et offre une grande latitude de possibilités.

Le besoin en calories donc n’est pas nécessairement couvert par une source de calories ou une autre… on doit utiliser protéines, lipides et glucides, pour peu que le chien puisse digérer l’aliment qu’on lui donne, évidemment.

Ainsi, il faut différencier le besoin nutritionnel fonctionnel du besoin énergétique.

Pour les protéines, il y a un minimum pour l’aspect fonctionnel, qui est d’ailleurs l’objet de débat entre nutritionnistes, il n’y a pas de maximum connu pour la part de protéines (sous réserve que l’aliment soit bien sûr équilibré, que le chien ait de l’eau en permanence et qu’il soit en bonne santé).

dogs and sleighPour les lipides, il y a un minimum fonctionnel, mais il n’y a pas de maximum connu (sous réserve que l’aliment soit bien sûr équilibré), et sous réserve que le chien ait besoin de beaucoup de calories (pour un chien qui a un gigantesque besoin calorique, comme un chien de traineau durant des courses de plusieurs semaines dans le grand Nord par exemple… au delà de la couverture de tous les besoins par un aliment classique, les calories supplémentaires sont apportées jusqu’à 80 voire 90% par les lipides, des lipides saturés préférentiellement, moins sujets au rancissement et bien mieux utilisés par le chien pour de telles quantités que les graisses insaturées),

Pour les glucides, il n’y a pas de minimum, mais il y a un maximum  qui est lié aux capacités de digestion du chien ! Tous les chiens digèrent l’amidon (à la différence du loup, les chiens ont de l’amylase), mais tous ne sont pas égaux :
> certains peuvent digérer très peu d’amidon (les très jeunes chiots de manière générale, et certains chiens adultes) : ceux-là bénéficient d’un régime avec un taux de glucides réduits, et les calories viendront majoritairement des lipides et des protéines (et environ 20% d’énergie par les glucides si on choisit des croquettes pauvres en glucides -comment connaitre le % de glucides dans les croquettes ici-...),
> et d’autres chiens le digèrent très bien, ceux-là se contente d’aliments avec peu de protéines et de lipides.
(En savoir plus : Les glucides sont-ils toxiques ?).

Est-ce qu’un aliment moins riche en glucides, et plus riche en protéines et en lipides est nécessairement un bon aliment ?

gamelleCe n’est pas une garantie ! Cela ne signifie pas qu’il est bien adapté pour un animal donné (un aliment très riche en lipides peut être tellement riche en calories que finalement le chien doit en manger très peu, avec le risque qu’il ne reçoive pas assez de protéines, vitamines..) Si les protéines inclues dans l’aliment sont des protéines de carcasses, et donc accompagnées de beaucoup de minéraux, ce n’est pas très intéressant. Si ce sont beaucoup de protéines végétales, ce n’est pas toujours bien digestible ou bien équilibré…

Un bon critère ?

Regarder son chien après un mois de consommation d’un aliment complet théoriquement bien adapté…

Le chien doit être nourri pour couvrir son appétit (ne pas manifester de faim permanente), avoir un poids stable et un état corporel optimal (ni trop gros ni trop maigre), être tonique, avec la peau saine (visualiser en passant la main à rebrousse poil), un poil doux et brillant et qui ne s’arrache pas facilement et sans pellicules, des masses musculaires en place qui ne se creusent pas, y compris au dessus des yeux, le ventre souple et pas gonflé, faire ses selles facilement, les selles étant moulées fermes et en quantité raisonnables (moins de 50 g émises par jour pour 100 g de croquettes consommées)… Si tout cela est réuni, en plus de la couverture des besoins en protéines et lipides… il est probable que l’aliment soit de bonne qualité.

*Nutrient Requirement sof Dogs and Cats, NRC, 2006.

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