Première étude des risques associés aux maladies fréquentes du FURET…

furetDe quoi donner des arguments aux adeptes du cru…attention au respect des règles d’hygiène et de bon sens…

La première étude mondiale sur les facteurs de risque des troubles digestifs, troubles de la glycémie et insulinome, pathologie dentaire vient d’être publiée et elle est en accès libre (Open access)… suivez le lien.

Les furets sont devenus un animal de compagnie commun. Mais aucune donnée n’est disponible sur la population française de furets. Le but de l’enquête était de caractériser cette population, y compris les caractéristiques démographiques, l’élevage, les soins médicaux rapportés et les habitudes alimentaires.
Des données complètes étaient disponibles pour 1205 furets de compagnie, dans 709 ménages. La plupart des furets (86,1%) vivaient à l’intérieur, 1% recevaient seulement un éclairage artificiel et 47% mâchaient leur cage. Pour 60% des furets, le poids corporel était plus élevé en hiver et plus bas en été. Les furets stérilisés (58,5% des mâles et 62,9% des femelles) semblaient plus légers que les furets entiers d’âge comparable. 

Quelle alimentation déclarée pour les furets ?
La majorité (52,4%) des furets consomment un mélange d’aliments commerciaux et d’aliments frais, et 28,6% n’ont pas reçu d’aliments commerciaux, les 19% restant n’ont reçu que des aliments commerciaux.
Les données ont été analysées en utilisant plusieurs modèles de régression logistique multivariée incluant l’âge, le sexe, la castration, le type d’aliment et l’éclairage artificiel développé pour quatre issues cliniques (léthargie et/ou insulinome, problèmes dentaires, diarrhée et/ou selles granuleuses/vertes, et alopécie). Les prédicteurs de quatre résultats cliniques (léthargie, maladie dentaire, diarrhée et alopécie) ont été examinés en utilisant une régression logistique multivariée, avec l’âge, le sexe, le statut neutre, le type d’aliment et l’éclairage artificiel comme variables d’exposition.

Conclusions de l’étude et rappels

1-L’âge

Les furets âgés étaient plus susceptibles de souffrir de léthargie, d’insulinome, de problèmes dentaires et d’alopécie.
=> les maladies sont plus fréquentes en vieillissantRésultat de recherche d'images pour "ferret"

2- L’éclairement et la stérilisation

Les furets avec éclairage artificiel étaient plus susceptibles de présenter une alopécie (perte anormale de poils). Nous avons également trouvé une association significative entre la stérilisation et l’alopécie.

=> rappel : la mue saisonnière est normale chez le furet, mais pas une perte de poils continue. Une telle perte de poils peut avoir plusieurs origines, dont la plus grave est une maladie des glandes surrénales chez les furets stérilisés jeunes, et un hyperoestrogénisme chez les femelles non stérilisées.

=> ne pas oublier qu’il est préférable de laisser le furet suivre le cycle lumineux naturel (jours longs l’été – jours courts l’hiver), et donc de ne pas procéder à un éclairement artificiel.

3- L’alimentation

Résultat de recherche d'images pour "ferret food"Les furets nourris uniquement avec des aliments commerciaux (aliments complets, qu’il s’agisse de croquettes ou de pâtée), ou avec une alimentation mixte (nourriture commerciale et aliments frais) étaient plus susceptibles de souffrir de léthargie, d’insulinome, de problèmes dentaires, de diarrhée et/ou de selles granuleuses ou vertes que les furets nourris uniquement de nourriture fraîche.

=> le furet est un carnivore strict qui a besoin d’une alimentation adaptée, équilibrée, mais ne contenant pas de glucides, que l’on retrouve trop souvent dans les aliments industriels, même pour furet, et systématiquement dans les croquettes, même celles pour furet, cette fois pour des raisons technologiques. Il est possible de chercher des aliments humides pour furet qui ne contiennent pas ou très très peu de glucides mais cela demande un effort de calcul (voir ici comment savoir combien de glucides contient un aliment complet pour furet).
Des recettes à base de nourriture fraiche sont disponibles gratuitement sur ce blog. Attention : nourriture fraiche ne veut pas dire n’importe quoi, car les risques sanitaires, sont grands, pour le furet, mais aussi et surtout pour les humains vivant à son contact : pour ne prendre un risque que parasitaire, et éviter les risques bactériens, il vous faudra de choisir de la viande propre à la consommation humaine « tartare » (plus d’information ici).

CONCLUSION … et commentaires sur cette étude

Bien sûr, comme toute étude, celle-ci a des limites : 1- la pathologie est déclarée par le propriétaire et non constatée par un vétérinaire, 2- les propriétaires qui répondent sont volontaires, et impliqués. Mais ces deux biais sont forcément associé à l’étude d’une grande population sans le biais d’une population rencontrée uniquement par des vétérinaires.

Le furet est devenu un animal de compagnie commun, mais il reste un petit carnivore avec ses caractéristiques propres. C’est à notre connaissance la première description de la population française du furet comme animal de compagnie, et la première étude épidémiologique. Cette étude est la première, mais, espérons-le, pas la dernière.

Source

Blanchard et al. (2018). Characterisation of the French ferret population, husbandry, reported medical care and feeding habits. Journal of Nutritional Science

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