alimentation chienne reproductrice

L’Alimentation de la chienne reproductrice

La rentabilité en élevage canin dépend d’une fécondité optimale et d’une mortalité péri- et post-natale minimale.

La mortalité en élevage varie de 15 à 40 % avec la répartition suivante : – 5 à 15 % de mort-nés – 5 à 15 % de mortalité entre la naissance et l’âge de 15 jours – 0 à 10 % de mortalité entre 15 j et 5-7 semaines – inférieure à 1,5 % après le sevrage.

 
alimentation chienne reproductriceLes chiots apparaissent vulnérables, surtout par immaturité : – la régulation de leur température corporelle est imparfaite – leur système immunitaire n’est pas aussi efficace que celui d’un adulte – ils luttent difficilement contre la déshydratation – ils ne disposent pas de réserves et sont donc sensibles à la dénutrition. Mais les affections post-natales ne découlent pas toutes de cette immaturité physiologique. Les autres causes de mortalité péri-natale sont : – des anomalies génétiques – des mises-bas laborieuses ou difficiles – une mauvaise hygiène des locaux (microbisme…) – le mauvais état de santé de la mère (maigre, obèse, affections dentaires ou bucco-gingivales, mammite …) qui peut être associé à la production d’un lait pouvant contenir des substances toxiques ou des germes. Une mauvaise alimentation de la mère peut générer la production d’un lait quantitativement (trop peu de lait produit, la portée pleure et les chiots ne prennent pas de poids tous les jours) et qualitativement inadaptée.

La chienne en Gestation

Quand changer l’alimentation de la chienne en gestation ?

A partir de la fécondation, la chienne a besoin d’un aliment concentré en nutriments essentiels (suffisamment de protéines de bonne qualité, d’acides gras essentiels, de minéraux et de vitamines), mais pas forcément en quantité plus élevée (pas plus de calories d’emblée). L’alimentation, si l’aliment habituel est de bonne qualité, que la chienne a un beau poil, que les selles sont de texture correcte et pas trop volumineuses (signant un aliment bien digestible), la quantité d’aliment n’a donc pas toujours besoin d’être modifié d’emblée.

A partir de la 5ème semaine de gestation, en revanche, le besoin calorique augmente petit à petit, d’environ 10% par semaine si le nombre de chiots est conséquent, alors que le besoin en nutriments essentiels augmente plus vite. Il faut donc amener une quantité plus importante d’un aliment adapté. (Plus concentré en protéines, acides gras essentiels, minéraux et vitamines).

Gestation jusqu’à la 5ème semaine 5ème semaine 6ème semaine 7ème semaine 8ème semaine 9ème semaine
Calories = avant la gestation + 10% + 20% + 30% + 40% + 50%

Peut-on laisser la chienne en gestation manger à volonté ?

Cela dépend des cas : on peut dire oui si la chienne n’a pas tendance au surpoids, si elle est prolifique (portées nombreuses) et si elle ne surconsomme pas.

Cela ne signifie pas qu’il faille laisser beaucoup d’aliment à disposition. Il vaut mieux en donner une quantité raisonnable et nettoyer les gamelles matin et soir pour que l’aliment, même s’il s’agit de croquettes, ne s’abime pas à l’air.

Dans tous les cas, il est important de savoir combien d’aliment la chienne consomme habituellement, et combien elle en consomme en gestation, pour détecter le plus tôt possible un problème, de surconsommation ou au contraire de sous alimentation.

Si le nombre de chiots est réduit (1 à 3, voire 4 selon les cas), il n’est pas forcément nécessaire d’augmenter l’apport calorique d’autant. L’état corporel de la chienne doit être particulièrement surveillé de manière à ce qu’elle ne prenne pas trop de poids (et  de graisse) pour éviter les distocies à la mise bas. Il faut alors être d’autant plus vigilent, et distribuer en quantité limitée un aliment dont la densité en nutriments essentiels (protéines, acides gras, minéraux et vitamines) est élevée (en grammes/1000 Calories).  Il s’agit d’apporter plus de nutriments essentiels sans amener beaucoup plus de calories.

L’appétit peut être un peu diminué quand la gestation avance, en raison d’un encombrement grandissant de l’utérus, surtout quand la chienne attend une portée nombreuse. Il suffit le plus souvent de fractionner l’apport journalier en 2 ou 3 repas pour permettre une alimentation satisfaisante. Parfois une alimentation plus concentrée est nécessaire pour maintenir l’état corporel de la chienne.

Alimentation ménagère, est-ce possible ?

Bien sûr, si elle est bien équilibrée, avec assez de viande et une complémentation minérale et vitaminée suffisante, mais pas excessive. Une adaptation de la ration est donc nécessaire.

Quelle prise de poids doit-on atteindre d’une chienne en gestation ?

De manière un peu simpliste, mais cela donne des points de repères, on peut dire qu’il est souhaitable que la chienne ne prenne pas plus de 25% durant sa gestation (cela comprend le poids des chiots, des annexes foetales et un peu de réserve), c’est ce qu’on appelle le gain brut de gestation.

Mais ce n’est pas un but à atteindre. C’est plutôt un maximum à ne pas dépasser même en cas de portées nombreuses. Chez les chiennes peu prolifiques, le gain de poids doit être bien moindre.

Après la mise bas, la chienne peut avoir gardé environ 10% de surpoids par rapport à son poids hors reproduction, c’est ce qu’on appelle le gain net. Ce poids constitue une réserve. Cette dernière peut ainsi être utilisée durant la lactation. Elle doit perdre ce petit excédent durant la lactation et retrouver ensuite son poids optimal hors reproduction.

La chienne en Lactation

En lactation, la chienne a des besoins nutritionnels nettement augmentés. De ce fait, elle doit recevoir beaucoup plus de calories (2 à 4 fois les calories d’entretien selon le nombre de chiots et le stade de lactation), avec un équilibre en protéines, minéraux et vitamines proche de la gestation. Toutefois, dans une ration concentrée en calories pour que la chienne puisse consommer suffisamment.

Est-ce que la chienne en lactation va maigrir ? Durant la gestation, la chienne prend du poids (maximum 25%). Juste après la mise-bas, la chienne a encore un excès de poids d’environ 10%, une réserve utilisée durant la lactation. Donc, en moyenne, effectivement, la chienne va maigrir par rapport à son poids à la mise-bas. Toutefois, pas par rapport à son poids habituel.

Par exemple, une chienne qui pèse 20kg, ne doit pas excéder 20kg + 25% = 25kg à la fin de gestation. Juste après la mise-bas, elle pèse au plus 20kg + 10% = 22kg. A la fin de la lactation, elle retrouve son poids de 20kg, à 5% près, elle pèse donc entre 19 et 21 kg. Si elle a perdu un peu de poids (19kg au lieu de 20kg), poursuivre l’aliment distribué en lactation le temps que la chienne ait retrouvé son poids normal de 20 kg. Si elle pèse toujours 21 kg après le sevrage des chiots, il est souhaitable de limiter la quantité d’aliment -celui de la lactation ou non- le temps qu’elle retrouve son poids.

L’appétit de la chienne en Lactation

S’occuper d’une portée nombreuse nécessite la production d’une grande quantité de lait. Mais aussi beaucoup d’attention de la part de la chienne qui outre les tétées doit s’occuper de la toilette des chiots.

La chienne doit alors soit être nourrie à volonté. On peut distribuer 4 repas par jour. Ceci permet de mettre à disposition de l’aliment frais, plus appétent. Si il reste de l’aliment d’un repas sur l’autre, il faut le jeter avant de remplir à nouveau la gamelle.

Si la chienne boude son aliment industriel ?

Il peut arriver que la chienne boude son aliment industriel, alors qu’elle le consomme très bien en routine, notamment dans le cas de portées très nombreuses. La raison n’est pas toujours très bien identifiée. Mais c’est un fait qui peut devenir un problème.

Il est tentant de le mélanger avec divers ingrédients : voici ce qui peut être fait en toute sécurité :

Aliment industriel pour chienne ou chiots (distribué en 4 repas) qui reste le constituant majeur de l’alimentation

+ plusieurs possibilités, qui peuvent être essayées alternativement (une option au cours d’un repas par jour, ou plusieurs options par jour, chacune au cours d’un repas différent, ou une option chaque jour, en changeant d’un jour à l’autre) :

les quantités indiquées sont un exemple pour une chienne d’environ 20kg qui consomme une option par jour, ou pour une chienne de 30kg qui reçoit 2 options par jour

*option1*
100 grammes viande hachée de boeuf à 15%MG + 1/2 dose (4g) de Vit’i5 Canine Ca:P=3 ou 1/4 dose de Vit’i5 Canine Ca

*option2* 1 pot de yaourt entier nature

*option3* 2 portions de fromage fondu (17g/portion)

*option4* 1 jaune d’oeuf cru ou 1 oeuf dur (sans coquille) + 1/4 dose (2g) de Vit’i5 Canine Ca:P=3

Il s’agit d’exemples, mais faire vérifier des rations au cas par cas par un professionnel est toujours préférable.

Si la chienne a un épisode de constipation ?

Il peut arriver que la chienne en lactation soit constipée. En effet, la ration est parfois très riche mais très pauvre en fibres. Plutôt que de changer d’aliment, l’ajout d’une source de fibre peut résoudre le problème :

* une demi pomme ou une demi poire par jour pour une chienne de 20kg (adapter les quantités pour une chienne d’un format différent

* du SON DE BLE à raison d’une cuillère à café par tranche de 5kg de poids, en mélange à un peu de Yaourt, à donner au cours d’un repas dans la journée

Doit-on changer d’aliment entre deux cycles de reproduction ?

Il est devenu classique de distribuer un aliment destiné à la chienne en gestation/lactation dès la 5° semaine de gestation, et jusqu’à la fin de lactation. Mais les adaptations devraient pouvoir être faites en fonction des chiens. Non seulement de leur type racial, mais aussi de leurs particularités individuelles.

Une chienne qui a deux portées par an est en gestation pendant 4 mois et demi, et en lactation pendant 3 mois par an… Soit un total de 7 mois et demi. Si ce rythme se répète d’année en année, une alimentation plus riche en nutriments essentiels (grammes de nutriment/1000Calories) est indispensable. En effet, elle permet de ne pas puiser dans les réserves de la chienne. En effet, ceci reviendrait à la carencer. Il y aurait des conséquences en terme de résistance aux infections, mais aussi en terme de fécondité et fertilité.

Attention : s’il est possible de nourrir cette chienne toute l’année avec un aliment très riche en nutriments essentiels, et plutôt énergétique, mais il faudra vérifier qu’elle en consomme une quantité réduite en dehors de la période de lactation. C’est donc ce qui sera choisi pour des chiennes un peu trop minces, ayant des difficultés à maintenir leur poids (des lévriers par exemple).

  • En revanche, chez des chiennes qui ont tendance à prendre un peu trop de poids, il est préférable de choisir des aliments denses en nutriments (en grammes/1000 Calories) mais moins denses en énergie durant les périodes intermédiaires, afin d’en distribuer une quantité raisonnable tout en évitant un surpoids.
Dr Vet Géraldine Blanchard

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